Est-ce que des municipalités vont disparaître?

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Oka|Deux maires craignent de voir leur municipalité disparaître d’ici quelques décennies au profit des territoires autochtones qui se trouvent à proximité quand les Mohawks recevront l’argent promis par Ottawa.

Le gouvernement fédéral négocie présentement d’importantes compensations monétaires avec, entres autres, les Mohawks de Kanesatake dans les Laurentides et d’Akwesasne en Montérégie. Les libéraux veulent les dédommager pour les injustices commises par les autorités canadiennes aux 18ième et 19ième siècles qui leur ont fait perdre une grande partie de leurs terres.

Kanesatake et Akwesasne revendiquent respectivement un territoire de 640 km2 dans les Laurentides et un autre de 80 km2 près de la frontière américaine.

Le Journal a appris qu’Ottawa a déposé une offre de plus de 125 millions$ au Conseil de bande de Kanesatake. Ottawa a aussi fait savoir l’année dernière que 240 millions$ était sur la table pour Akwesasne. Ces montants permettront aux deux peuples mohawks de pouvoir racheter des terres ancestrales afin d’agrandir leur territoire.

«D’ici quelques décennies, Oka pourrait disparaître», craint Pascal Quevillon, maire d’Oka. Il craint qu’une multitude de cabanes à pot et à cigarettes finissent par s’établir dans le village ou à l’entrée de son village, comme c’est le cas actuellement sur le territoire de Kanesatake, ce qui pourrait faire fuir les nombreuses familles qui vivent à Oka.

Pascal Quevillon a peur que ce terrain à l’entrée du village d’Oka finisse par être occupé par des cabanes à pot ou à cigarettes. / Photo: Stéphane Sinclair

Depuis le printemps dernier, 13 points de vente de cannabis ont fait leur apparition sur le territoire de Kanesatake, égalisant le nombre de SQDC à travers le Québec.

«Le Conseil de bande a perdu le contrôle à Kanesatake», lance M. Quevillon qui ne croit pas que ces derniers vont pouvoir empêcher les contrebandiers de s’installer sur les nouveaux terrains que va acheter le Conseil de bande.

Du côté de Dundee près d’Akwesasne en Montérégie, les craintes de la mairesse sont différentes. «245 millions$, c’est plus du double de notre valeur foncière. Ils peuvent nous avaler deux fois», s’insurge Linda Gagnon.

Elle appréhende un effet d’entraînement. «Quand une partie de Dundee aura rejoint la réserve autochtone, ce sera plus difficile de vendre et ceux qui seront restés risque de devoir vendre à rabais et ce sera une aubaine pour les mohawks», dit-elle.  Le Journal a essayé de joindre le grand chef du conseil de bande d’Akwesasne, Abram Benedict, mais ce dernier n’avait pas retournée nos appels avant d’aller sous presse.

M. Quevillon dénonce aussi son exclusion par le fédéral des pourparlers avec les Autochtones. «On va être directement impactés, mais on n’est pas consulté. On est mis devant des faits accomplis», fustige Pascal Quevillon.

Le grand chef du conseil de bande de Kanesatake a pris les propos du maire avec un grain de sel. «Le maire pense maintenant comme un Mohawk ? On est enclavés depuis 150 ans!», ironise Serge Simon.

Pour ce qui est de la contrebande, le grand chef situe le problème à un autre niveau. «On doit avoir notre propre police et le fédéral ne bouge pas malgré nos propositions», dénonce t-il.

«On est des cobayes à travers le Canada pour ce genre de dossier, le fédéral nous l’a dit», dit Mme Gagnon faisant référence aux compensations monétaires pour les revendications territoriales des autochtones.

Les relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada ont mentionné qu’il s’agissait de négociations de nature confidentielle mais que les communications étaient ouvertes avec les municipalités, ce qui nient les deux maires. « On est mis devant des faits accomplis», précise M. Quevillon.

Ces derniers demandent aux autres maires au prise avec la même situation de les contacter.

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Un commentaire

  1. Il y en a qui exagère ou qui essait de faire peur aux citoyens d’Oka… comme si Oka, malgrés toutes les revendications de terres, allait disparaitre! Dommage que les maires en question en on vite oublié leur histoire… ce sont des terres qui ont déjà appartenu à la communauté autochtone, qui leur ont été volé et qu’ils veulent simplement reprendre… mais peut-être que cette situation permet aux maires de comprendre un peu ce que cette communauté autochtone vie, avec la peur de perdre des terres….

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