On l’expulse de l’hôpital en crise de panique par température polaire

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Saint-Eustache| Un homme a été expulsé de l’hôpital de Saint-Eustache lundi dernier par grand froid par des policiers et des agents de sécurité alors qu’il était en pleine crise de panique.

Marc-André Drouin souffre d’une phobie chronique de la mort, la thanatophobie. Il passe toutes ses journées à l’hôpital de Saint-Eustache où il mange matin et soir pour être près de l’urgence en cas d’empoisonnement ou d’allergie alimentaire depuis trois ans. Lorsqu’il sort de l’hôpital, il est enclin à faire de nombreuses crises de panique par jour.

Son coeur peut battre jusqu’à plus de 180 battements par minute. Il a des nausées. Il perd tout simplement le contrôle sur lui même au niveau physique et psychologique.

« C’est totalement incapacitant. Je ne le souhaite à personne », explique M. Drouin.

L’homme de 25 ans a fait l’objet d’un reportage du Journal de Montréal en janvier 2018.

Son psychiatre a recommandé sur une feuille de prescription qu’il devrait pouvoir passer le temps qu’il veut dans l’hôpital afin de l’aider dans sa thérapie contre sa phobie chronique.

Expulsé de l’urgence en crise de panique

Or la direction de l’hôpital de Saint-Eustache ne l’entend pas ainsi depuis un an et l’a fait expulser à maintes reprises. Dimanche dernier, il a été expulsé une première fois vers 15h30 en pleine tempête de neige et par  un froid glacial.  « Les agents de sécurité et les policiers m’ont pris sous les bras et m’ont amené dehors de l’urgence », dénonce t-il.

Marc-André a alors fait une crise de panique devant la sortie de l’urgence. Les autorités l’ont finalement assis sur une chaise roulante pour lui permettre de rentrer pour consulter un médecin. Cette dernière lui aurait permis de rester à l’hôpital pour la nuit.

Or vers 4h00 du matin, une infirmière lui a demandé de quitter l’hôpital. Il a refusé en expliquant que le médecin lui a dit de rester à l’urgence compte tenu de son état et de la température.  « Elle ne voulait absolument pas et elle a téléphoné à la police », explique M. Drouin.

Les policiers l’ont alors expulsé quelques minutes plus-tard. M. Drouin a dû se rendre chez lui avec son vélo électrique par une température polaire. Il a été escorté par les policiers. « ça n’a pas été facile, j’ai eu de la misère à me rendre chez moi en raison de ma condition », dit l’homme qui habite à 10 minutes de l’hôpital.

Offre de bénévolat refusée

Marc-André Drouin a offert d’être bénévole pour éviter de se faire expulser. Sa requête a été rejetée. S’il veut rester à l’hôpital, il doit s’inscrire et consulter un médecin alors que sa seule présence dans l’établissement calme ses crises.

« Pour assurer à la fois la quiétude des usagers et la sécurité à l’Hôpital de Saint-Eustache, nous ne pouvons permettre aux citoyens de déambuler librement dans notre bâtiment s’ils n’ont pas de raison de s’y trouver », a répondu par courriel Thaïs Dubé, porte-parole du CSSS des Laurentides.

Elle conclut en mentionnant qu’ils n’expulsent jamais un individu par grand froid sans raison sans néanmoins expliquer le motif de l’expulsion de M. Drouin qui affirme qu’il ne nuisait pas aux patients et au personnels.

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