Un sac de déchets aux 70 jours

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Un couple avec un bébé de 4 mois additionne les sacrifices quotidiens depuis 3 ans pour réussir à remplir qu’un seul sac de déchets aux 70 jours.

La planification zéro déchet d’Audrey Mougenot (38 ans) et de Marc Francoeur (47 ans) a commencé il y a 3 ans lorsqu’ils ont reçu des publicités sur l’arrivée des bacs de compostage à leur domicile.

Ils ont alors fait l’inventaire de leur poubelle pour savoir ce qui y restait.

«On a commencé à la réduire graduellement», a raconté Audrey Mougenot, qui est consultante en ressources humaines et enseignante au HEC.

L’arrivée du petit Mathis en août n’a pas changé leurs habitudes. Ils tentent toujours de réduire au maximum leurs déchets.

Le couple produit tellement peu de déchets qu’ils n’ont plus de poubelle. Le voisin accepte de mettre leur seul sac en plus de deux mois dans leur bac.

«Il y a des pays plus pauvres qui en font plus que nous pour l’environnement», a dit M. Francoeur, qui est physiothérapeute. Il fait référence au Rwanda, qui interdit de passer la frontière avec des sacs de plastique.

«On a un pouvoir comme consommateur et il suffit d’arrêter d’acheter chez ceux qui ne font pas d’efforts», a-t-il ajouté.

Audrey Mougenot et Marc Francoeur avec leurs produits ménagers zéro déchet. Photo Simon Dessureault

Sacrifices

Le mode vie zéro déchet n’est cependant pas aussi simple. Le couple doit acheter ses produits ménagers et ses aliments dans des magasins qui vendent le tout en vrac.

Le couple refuse donc d’aller au supermarché, pourtant situé au coin de leur rue. Il préfère faire 20 minutes avec leur voiture électrique et apporter tous leurs contenants pour aller dans une épicerie zéro déchet.

Ils y remplissent leurs contenants de nourriture, mais aussi de dentifrice, de savon, de shampoing, etc.

«On n’a pas le choix de planifier à l’avance. Par exemple, il faut prévoir des plats de cornichons et un ou deux pots pour les imprévus», a expliqué Audrey Mougenot.

Le mode de vie zéro déchets les suit également à l’extérieur de leur maison. Mme Mongenot a toujours une mini-fourchette en bambou et une serviette dans sa sacoche pour pas utiliser des serviettes de table et des ustensiles en plastique. Elle a également toujours un petit contenant pour les restants de restaurants.

Elle a été conscientisée au suremballage en voyant les multiples déchets pendant ses expéditions en plongée sous-marine en Colombie.

Les couches lavables

L’utilisation de couches lavables a cependant failli décourager le couple depuis la naissance de Mathis. «Ça c’est du boulot parce qu’il faut faire deux cycles de lavage et être hyper soigneux parce qu’elles doivent être sèches avant la réutilisation», a expliqué Audrey.

Les nouveaux parents ont donc décidé de payer plus cher et de faire appel à une entreprise qui loue et lave les couches.

«Mais les plus grosses contraintes ne sont pas financières, elles sont plutôt d’accepter de ne pas toujours tout avoir tout près tout de suite», a ajouté M. Francoeur.

Préjugés

Les préjugés quant à ce mode de vie sont toutefois encore bien présents. Le couple n’a pas le choix d’aller dans certains marchés d’alimentation et à la poissonnerie, par exemple.

«On a maintenant nos places de magasinage où on nous connaît. Les autres clients nous collent souvent l’étiquette de «granos», a expliqué Marc. Il y a souvent des réactions non-verbales avec des gens qui lèvent les yeux au ciel.»

Les pharmacies sont par ailleurs des lieux assez complexes pour ce style de vie, selon Audrey. «C’est la «bagarre» à chaque fois que je demande de remplir le pillulier si j’ai une prescription, témoigne-t-elle. Je dois insister à chaque fois. Ils ne comprennent pas et en plus ils me proposent un sac.»

Ce que contient leur sac de déchets

Il serait possible pour le couple de ne faire aucun déchet. Les seules items qui se retrouvent dans leur sac de déchets proviennent de fois où ils n’ont pas respecté leurs règles.

Des sacs de chips, des emballages pour médicaments et des languettes de plastique de verres de contacts comptent parmi les choses qui se retrouvent dans les déchets du couple.

«Si ça devient trop rigide, le risque de dire je n’en peux plus est trop élevé», selon Mme Mougenot.

1,5 planète

Malgré leur mode de vie zéro déchet, si tout le monde vivait comme le couple Mougenot-Francoeur, l’humanité aurait besoin d’une planète et demi pour survivre. Les résultats sont beaucoup affectés par leurs déplacements, même s’ils ont une voiture électrique. Ils vont en France deux fois par année pour visiter la famille.  Ils font également un voyage de vacances par an.

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