(Boileau) Des chasseurs fortunés payent entre 5000$ à 100 000$ pour abattre des cerfs rouges ou des wapitis dans un club privé situé dans une zone où la chasse est interdite en raison de la présence d’une maladie contagieuse.

 

Le club privé, Laurentian Wildlife Estate, est situé sur un immense terrain de 1400 acres dans une forêt qui est entourée de clôture de huit pieds de haut, a constaté monjournal.ca sur place. Les animaux peuvent néanmoins être en contacts directs avec des animaux sauvages situés à l’extérieur de l’enclos puisqu’il n’y a pas de double clôture. L’eau peut entrer sur le terrain ou en sortir puisque celui-ci est montagneux. 

 

La clôture qui entoure le club de chasses des millionnaires qui est dans la zone rouge est simple et perméable. Les animaux peuvent être en contact direct. Or on sait que le prion responsable de la maladie se transmet par contact direct entre les animaux et par l’eau. / Photo: Stéphane Sinclair

Or, on sait que la maladie débilitante chronique du cervidé peut entre autre se transmettre par contact direct et par l’eau. La maladie a le potentiel de se transmettre à l’homme même s’il n’y a jamais eu de cas de transmission à date.

 

La Laurentian Wildlife Estate est très prisée parmi les riches chasseurs de la planète. On y vient de partout pour y dénicher un trophée. L’aéroport de la Macaza accueille leur avion privé. Plusieurs panaches de cerfs rouges ou de wapitis ont fait l’objet de records mondiaux. André Desmarais de Power Corporation est l’un des trois actionnaires avec des néo-zélandais.

 

Photo: Stéphane Sinclair

 Des affiches autour du camp

 

« Je ne suis pas inquiet avec la maladie. Je suppose qu’ils vont s’assurer qu’aucun animal ne soit malade», a dit Rick Tebay, gérant d’usine de la compagnie Jacks Links. Lui et son patron venaient d’arriver du Dakota du Sud pour 4 jours de chasse. Le Journal l’a rencontré au club privé le 22 septembre dernier.

 

Le club de chasse très huppé de la Laurentian Wildlife Estate est entouré d’affiches du ministère de la Faune qui interdisent la chasse./Photo: Stéphane Sinclair

 Or pendant que M. Tebay allait chasser avec son patron, le samedi 22 septembre dernier, les agents de la Faune installaient tout autour du camp des affiches d’interdiction de chasse.   

 

« C’est une politique deux poids, deux mesures. On n’a pas le droit d’y chasser pour ne pas répandre la maladie par le sang. », dénonce le chasseur Donald Forté.

 

 

Pas de la chasse sportive

 

Le gérant de la Laurentian Wildlife Estate, Nicolas Esler, a référé le Journal vers les autorités gouvernementales lorsqu’interrogé la semaine dernière.

 

Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs a expliqué que les activités de la LWE n’étaient pas considérées comme de la chasse sportive, mais bien comme de l’abattage en enclos. « Au sens de la loi… l‘interdiction de chasse édictée le 21 septembre 2018 ne peut s’y appliquer », a expliqué Nicolas Bégin, porte-parole du ministère de la Faune.

 

M. Bégin explique que la LWE est soumise aux autres mesures réglementaires sur la limitation du déplacement des cervidés vivants ou morts.

 

 Tous les animaux qui y sont abattus sont analysés pour savoir s’ils sont malades. La boucherie qui arrange l’animal doit être située dans un rayon de 45 km. La LWE a sa propre boucherie sur place.

 

  • Les cervidés vivants ne peuvent pas être déplacés sans autorisation;
  • Les cervidés de la Laurentian Wildlife Estate ne peuvent être déplacés au delà d’un rayon de 45km pour y être découpés;
  • La Laurentian Wildlife Estate peut découper sur place la viande;
  • La viande peut-y être congelée et emballée sur place;
  • Chaque pays ou état américain décide de l’importation ou non de la viande en provenance du Québec.
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